S’entraîner en Chine en ce début 2020

Nous sommes dans le Shandong, dans une petite école internationale de Wushu Shaolin qui accueille et enseigne à temps plein toute l’année, 5 jours sur 7, jusqu’à 6h par jour de cours formels d’arts martiaux chinois internes et externes parmi lesquels le Qigong, le Taiji, le Shaolin traditionnel, le Sanda, le Wing Chun… Les étudiants sont nourris et logés dans l’école de manière à pouvoir se concentrer totalement sur leur entraînement. Les profils et durées de séjour varient et comprennent aussi bien des jeunes  qui rêvent de kung fu et qui souhaitent rester pour une durée indéterminée, que des passionnés retraités venu s’adonner pleinement à leur passion pour un an, ou encore des novices venus se challenger et se découvrir à travers la pratique des arts martiaux pour quelques mois.

Le festival du Printemps: une période déjà spéciale

Le festival du printemps est la plus grande fête annuelle pour les chinois, et pour la plupart la seule occasion de retourner auprès de leurs familles. Chaque année, le planning d’entraînement est adapté pendant cette période, les anciens élèves prennent plus de responsabilités pour encadrer le groupe et permettre de maintenir un entraînement de qualité malgré l’absence des maîtres.

Cette année particulièrement spéciale

Cette année est vraiment particulière pour nous, en effet avant le début du festival, le directeur s’adresse aux élèves pour leur parler d’une épidémie qui a commencé dans le Wuhan. Bien que la province soit éloignée de chez notre école, il est recommandé à tous d’éviter de voyager pendant cette période, et de préférer porter un masque et faire plus attention aux mesures d’hygiène. La consigne répétée dès ce jour : prenez ce problème au sérieux, sans pour autant vous inquiéter plus que de raison. Les jours qui ont suivi ont vu se mettre en place de plus en plus de mesures de précaution.

Mesures de précaution

Chaque matin désormais, la température de tous les étudiants et membres du staff, enseignants et traducteurs compris, est vérifiée. Les poignées de porte, les couloirs ainsi que les équipements d’entraînement (jusqu’aux bras en bois des mannequins de bois de Wing Chun) sont désinfectés chaque matin. Le vice directeur de l’école, qui est également le maître enseignant le Wing Chun et les arts internes dans l’académie, à décidé de revenir plus tôt auprès des élèves. A une heure prêt il se serait retrouvé confiné dans sa ville natale, car les routes sont peu à peu refermées pour contrôler les risques de propagation. Vendredi, des masques ont été distribués à tous.

De la prudence, mais pas de panique

Malgré la gêne et l’inquiétude initiale, le Maître nous rappelle les faits : le virus se propage très vite et ses symptômes sont similaires aux maladies qui circulent lors d’un hiver standard. Jusqu’à présent il ne s’est avéré mortel que pour une partie plus âgée ou fragile de la population. Les risques de contamination dans la région sont très faibles. Nous prenons le maximum de mesures préventives car il y a beaucoup d’inconnues, mais nous ne devons pas paniquer et en attendant d’en savoir plus, nous continuons notre routine en y ajoutant des mesures de précaution.

Une routine adaptée

Pendant cette période particulière, l’entraînement est également adapté, le rythme plus contrôlé pour tous les exercices de type sparring, les sauts et acrobaties sont réduites, c’est l’occasion de se reconcentrer sur ses basiques, sa structure et les petits détails. Le rythme est plus modéré, moins d’exercices sont pratiqués mais ils seront répétés plus souvent. Enfin, pour détendre l’atmosphère, plus de petits entraînements sous forme de jeux sont pratiqués. Malgré une certaine inquiétude, parfois amplifiée par les inquiétudes de nos proches , l’esprit est positif et il règne ces jours-ci un climat de camaraderie, de respect et de bienveillance.

Articles liés

Réponses

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *