Jibengong : Pourquoi vous ne progressez pas

Traduction de l’article original sur www.wukongwushu.com

Vous vous entraînez peut être depuis des années, et êtes passés à travers plusieurs périodes où vous vous êtes dit que vous ne progressiez plus, avant de passer à autre chose jusqu’à ce que vous vous disiez à nouveau la même chose.

Il y a de grandes chances que vous ayez appris trop vite. Oui, vous avez fait des bases etc, mais à un moment donné vous avez certainement arrêté de les faire, ou du moins pas autant. Ou vous avez peut être aussi ignoré certaines bases de tel ou tel style par manque de temps, voire parce que vous estimez que vous avez largement le niveau pour ne pas travailler les bases. Soyons honnêtes, BEAUCOUP de personnes pensent avoir un assez bon niveau pour ne pas travailler les Jibengong…
Jusqu’au jour où vous vous êtes rendus compte que quel que soit la quantité de travail que vous mettez dans votre entraînement chaque jour, vous ne progressiez plus.

C’est que vous faisiez, ou faites encore mal vos Jibengong (bases).

Étant un ART Martial, le Wushu est, à l’instar des autres arts, un travail de recherche de la perfection. La perfection prend du temps, demande de répéter le même geste, la même technique, encore et encore, mais aussi de travailler sa condition physique (et oui, même pour le traditionnel), et beaucoup d’autres choses.
Il y a un « proverbe » très connu en boxe qui dit “you don’t play boxing” (on ne joue pas à la boxe). Cela signifie que la plus petite erreur durant vos années d’entraînement et de préparation pour un combat, peut dans le meilleur cas : vous amener à la défaite ; et dans le pire cas : vous amener à l’hôpital, ou bien pire encore.

D’après moi, le même principe s’applique au Wushu. Que vous fassiez du Taolu ou du Sanda, vous vous battez pour être le meilleur le jour de la compétition, ou le meilleur dans votre style. Si vous faites une seule erreur, tous vos efforts ont de bonnes chances d’être vains.
Et les Jibengong, tout bon professeur vous le dira, sont la partie la plus importante du Wushu. C’est douloureux, parfois ennuyeux, mais une fois que vous les maîtrisez à la perfection, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, et profiter à fond du reste de votre pratique.

Entraînez-vous intelligemment

Travaillez dur mais travaillez intelligemment. Beaucoup de personnes ont tendance à travailler les mêmes techniques encore et encore pendant des heures ou des jours, et finissent pourtant par ne pas avoir progressé d’un poil. Il y a de fortes chances que vous soyez en fait en train d’entraîner une erreur et non pas une technique, et/ou que vous ayez raté un point clé dans l’exécution de la technique.

Pour pouvoir vous entraîner intelligemment, vous devez trouver ce point clé, et repérer votre erreur. Mais à tous les coups, vous n’y arriverez pas. Pourquoi ? Car vous êtes trop pressés de « progresser », aller plus vite, ou imiter un athlète ou un maître chinois sur une vidéo Youtube.
Souvent nous ne sommes pas les plus à même de juger nos erreurs. Si vous vous entraînez tout seul, filmez vous, analysez la vidéo et comparez-la avec quelqu’un qui le fait mieux.
Bien sûr le mieux serait d’avoir un professeur pour vous aider à repérer votre erreur. Hélas tout le monde n’a pas cette chance, ou leur professeur ne voit parfois pas l’erreur, soit parce qu’il est occupé avec d’autres élèves, soit parce qu’il y a chez vous des erreurs bien plus énormes à corriger.

Rappelez vous : Un pas après l’autre. La perfection prend du temps.

Un partenaire d’entraînement qui s’entraîne avec vous ou peu jeter un oeil à vos vidéos est aussi une très bonne option ! Et ce n’est pas parce que vous avez un meilleur niveau que lui qu’il n’a pas d’avis valable et qu’il ne peut pas voir les erreurs à côté desquelles vous passez. Essayez !

D’un coup vous voyez votre erreur ! Vous n’utilisiez pas votre taille pour tourner, ou votre jambe arrière en gongbu n’était pas assez tendue, du coup vous ne pouviez pas faire de transition fluide vers le mouvement suivant. Et bien, ça, c’est la base ! Ce sont les Jibengong ! Travaillez vos transitions Mabu-Gongbu, et / ou vos rotations de hanche pour guider le haut de votre corps… Aussi des Jibengong. Un principe du Wushu basique de chez basique : utilisez votre hanche.

Puis travaillez votre technique lentement.

Entraînez-vous Lentement

Décomposez vos mouvements autant que possible. Imaginez que vous êtes le personnage dessiné dans les livres de Wushu. Mais attention ! Ça ne doit pas être saccadé comme une « image par image ». Décomposez mais restez fluide !

Moins on comprend pourquoi on n’arrive pas à faire une technique, plus on s’énerve, et plus on est tendu et avons tendance à accélérer. C’est parfaitement contre-productif.
Sans oublier que de nombreux pratiquants veulent absolument avoir la même vitesse que les chinois, oubliant que le mouvement doit d’abord être « propre ». Si votre but est cette vitesse, 2 règles principales :

#1 = Relâchez-vous. Si vous êtes tendu, la tension monte dans vos épaules et dans toute la partie supérieure de votre corps, vous rendant … lent.
#2 = Utilisez la hanche pour tous vos mouvements. Pas les épaules, ni les bras.

Comment s’entraîner lentement : Sélectionnez un mouvement ou un petit ensemble de mouvements (Zuhe 组合), et faites le TRÈS lentement. Plus lentement que du Taiji. Et pendant que vous le faites, posez vous les questions suivantes à chaque fois que votre corps bouge :

  • Question « technique » : La position de mes doigts est-elle correcte ? Dois-je être en Mabu ou Gongbu … Et la position est-elle faite correctement ? etc.
  • Questions de « fluidité » : Mes épaules sont-elles relâchées ? Mon regard suit-il mes mains / mon arme comme il le devrait ? etc.
  • Questions pour vos hanches : Suis-je en train d’utiliser mes pieds, jambes, et hanches pour bouger, ou est-ce-que j’utilise mes bras ?
  • Question de « sensation » : Est-ce que le mouvement me semble correct ? Quelle sensation je ressens quand je fais ce mouvement ? Est-ce fluide ou est-ce que je force pour pouvoir bouger ?

Une fois que vous avez toutes les réponses, vous devriez déjà vous sentir mieux et peut être avoir même trouvé et corrigé votre / vos erreurs. Quoi qu’il en soit, avant d’ajouter la vitesse, posez vous cette dernière question :

“Dans ce mouvement, où suis-je censé accélérer, et où dois-je ralentir ? Quel mouvement de hanche génère assez de puissance pour créer une accélération ?”

Quand vous avez la réponse, continuez à travailler lentement mais en ajoutant petit à petit la vitesse aux endroits où elle doit être. Ce que vous recherchez avec ce travail c’est de vous mouvoir constamment en souplesse, relâché, et sans mettre de force inutile là où il n’y en a pas besoin.

Dites-nous comment ça marche pour vous !
Et quoi qu’il arrive, même si vous êtes impatients de progresser et d’apprendre, travaillez TOUJOURS vos bases et ne sautez jamais d’étape, ou vous n’atteindrez jamais le niveau souhaité. Vous ne regretterez jamais de trop travailler vos bases.

Lire l’article original sur www.wukongwushu.com

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