Ip Man 4, La fin … Enfin ?

Traduction de l’article original sur www.wukongwushu.com

Article sans spoilers

NB : Nous avons appris dimanche matin dernier (26 janvier 2020) la disparition de Ip Ching (interprété dans le film par l’acteur Jim Liu), dernier fils de Ip Man et lui aussi maître de Wing Chun de sa lignée. Nos pensées accompagnent sa famille et ses élèves.

Alors que le film n’a toujours pas de date de sortie en France au moment où j’écris, la saga Ip Man se termine sur ce quatrième opus, 12 ans après le premier qui fut un énorme carton au box-office. Du moins, c’est la saga incarnée par Donnie Yen qui se termine…

On peut dire qu’on aura eu du Ip Man et du Wing Chun à toutes les sauces depuis 2008, jusqu’à l’overdose, comme s’il n’existait pas d’autre style dans nos chers arts martiaux chinois ! Et hélas il est possible que ça ne soit pas terminé avec des spin-offs potentiels comme celui sorti l’année dernière : « Master Z – Ip Man Legacy », qui soit dit en passant, est une horreur.

Espérons que nous pourrons enfin paisiblement commencer notre détox, avec de nouveaux films traitant d’autres styles et / ou maîtres. Et je m’adresse ici aux réalisateurs : S’il vous plaît, arrêter de penser uniquement à vendre du pop corn et des sodas, et vendez nous du contenu original ! Car le problème vient bien de là : c’est l’énorme succès au box office chinois et mondial qui nous a contraint à ne voir quasiment que du Wing Chun pendant ces 12 dernières années au cinéma. Et c’est la même histoire dans n’importe quel pays.
Récemment, le seul réalisateur à avoir réussi à nous présenter d’autres styles à leurs juste valeur (même s’il s’agit encore une fois d’un film sur Ip Man), est Wong Kar Wai. Dans son chef d’oeuvre « The Grandmaster », il met en lumière d’autres styles rarement vus dans les productions modernes, tels que le Bagua Zhang, le Hong Quan (Hung Gar), le Baji Quan, et bien évidemment le Xingyi Quan, pratiqué dans le film par le méchant Ma San, interprété par Zhang Jin (mon méchant préféré au cinéma depuis un bout de temps) ! Il campe d’ailleurs un super méchant dans « SPL 3 – Paradox » sorti en 2017, très bon film de combat moderne, bien que pas vraiment tourné vers le Wushu traditionnel.

Revenons à notre critique d’Ip Man 4

L’histoire de départ est très simple. Sans ne rien vous dévoiler, Ip Man se rend dans le San Francisco des années 70 pour différentes raisons ; la principale étant de chercher une école pour son fils, qui, soyons honnêtes, est un petit c** en pleine crise d’adolescence. Là-bas, Ip Man rencontrera différents personnages réels et de fiction, plus ou moins intéressants, construisant une histoire classique mais pas inintéressante.

Ip Man 4 n’est pas qu’un film de Wushu

L’atmosphère générale du film, dont la reconstitution jusqu’aux couleurs, du San Francisco des années 70, est plutôt bien réalisée et vraiment agréable à regarder. Ip Man 4 est également intéressant car il ne s’agit pas seulement d’un film de Wushu avec des combats, pas fou-fou, mais bien chorégraphiés (merci Yuen Woo Ping). Le film traite aussi (légèrement) de sujets tels que l’héritage, le racisme (aussi bien du côté des occidentaux que de la communauté chinoise – même si mieux vaut ne pas être susceptible si vous êtes américain), et le respect entre les générations. Bien que certaines scènes soient assez gnangnan voire ridicules, et que le casting du film soit inégal, le film a au moins le parti-pris d’évoquer autre chose que les thèmes classiques de la vengeance et de la rédemption.
En parlant de racisme, mention spéciale pour le jeu de l’acteur Scott Adkins qui interprète de manière très réaliste le gros raciste typique, ainsi que pour ses aptitudes martiales et son style de combat assez violent, faisant de lui un adversaire crédible pour Donnie Yen.

Dans l’ensemble, Ip Man 4 ne surprend pas en terme d’histoire ni au niveau du jeu des acteurs, mais nous livre toutefois de beaux combats réalisés avec un minimum de câbles (merci pour ça), bien qu’ils n’enteront pas dans la légende des combats du Wushu du cinéma.
Quand on connait la situation actuelle entre la Chine et Hong Kong, et la Chine et les Etats-Unis, on ne peut s’empêcher de lire entre les lignes le message assez Pro-Chine du film, ce qui n’est pas la première fois pour la franchise, et pas surprenant non plus, quand on connaît les liens plus ou moins forts entre une partie du casting et Pékin, dont le producteur Raymond Wong, l’acteur Danny Chan, et Donnie Yen lui-même. Le film, bien qu’étant un gigantesque succès en Chine, est d’ailleurs boycotté à Hong Kong.
Quoi qu’il en soit, nous sommes ici pour parler cinéma, alors intéressons nous maintenant à la note !

La Note :

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